Le vrai gâchis : des rushs qui dorment
Pour un tournage qui pourrait durer un à trois jours, beaucoup de clients me demandent le montage d’une seule vidéo. C’est étonnant, car ce temps de captation permet largement de produire davantage. Un jour et demi de tournage pour une unique production finale, c’est une ressource largement sous-exploitée.
Sur un tournage, une partie des rushs ne sert jamais. J’ai vu des projets où près de 70 % des images tournées ne finissent dans aucun montage. C’est du temps de tournage payé, mais jamais converti en contenu, donc une perte sèche pour le client. Les rushs sont une ressource exploitable, et vous avez tout intérêt à les utiliser jusqu’au bout.
Cet enjeu compte encore plus quand vous faites appel à un vidéaste créatif. Plus les images sont travaillées et qualitatives, plus elles restent exploitables sur les plateformes. De belles images méritent mieux qu’un seul usage.
Ce qu’un seul tournage peut réellement produire
Reprenons un tournage classique, réalisé au format paysage, et voyons ce qu’il peut générer, bien au-delà du film principal.
Le film principal reste le contenu maître : la version web ou YouTube qui porte le message complet. À partir de ce même tournage, on en peut en tirer plusieurs courtes vidéos de 15 à 60 secondes pour habiller votre site web ou bien teaser l’arriver du film sur Youtube ou Linkedin (qui accepte assez bien le format paysage).
Viennent ensuite les formats verticaux, pensés pour le mobile. Chaque réseau a ses codes, et un même extrait se décline différemment pour un Reel Instagram, un TikTok ou un Short YouTube. Un seul tournage nourrit ainsi plusieurs contenus verticaux, qui reprennent tout ou partie du film. Ces déclinaisons sociales sont au cœur de la création de contenus que je produis.
Un making-of monté à partir des rushs non utilisés, des témoignages isolés quand le tournage comprenait des interviews, des extraits courts pensés comme du snack content : en additionnant ces possibilités, on atteint sans effort une dizaine de contenus à partir d’un seul jour de tournage.
Multiplateforme ou dans la durée : deux stratégies
Une fois ces contenus produits, deux stratégies s’offrent à vous, et elles se combinent très bien.
La première est multiplateforme : le même film sort sous plusieurs formes selon le canal. Version longue sur le web, format vertical sur les réseaux, extraits courts en publicité. Un seul message, décliné là où se trouve votre audience.
La seconde consiste à faire durer le film dans le temps. Le film d’entreprise principal devient le point de départ d’une campagne sociale, accompagné de contenus courts publiés régulièrement, qui prolongent son actualité sur plusieurs semaines. La visibilité sur les réseaux se construit dans la durée, avec un flux régulier de contenus. Un film unique, seul, ne suffit pas à l’alimenter. Cela souligne l’importance de travailler votre diffusion en amont du projet.
Un tournage représente un investissement en temps et en moyens. En tirer une seule vidéo, c’est laisser dormir une partie de cet investissement. Chaque rush filmé est une ressource, et une dizaine de contenus se cache souvent dans un seul jour de captation.
Et votre dernier tournage, combien de contenus en avez-vous vraiment tirés ?



